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6 mai 2022

26 Festival de Pâques de Deauville - vendredi 06 mai 2022
Salle Elie de Brignac-Arqana - Musique à Deauville

Les interprètes : Pierre Fouchenneret, Vassily Chmykov, Paul Zientara, Lise Berthaud, Victor Julien-Laferrière, Théo Fouchenneret

WOLFGANG AMADEUS MOZART

QUATUOR EN SOL MINEUR POUR PIANO ET CORDES K. 478

Avant que Felix Mendelssohn, Robert Schumann et Johannes Brahms ne lui emboîtent le pas, c’est Wolfgang Amadeus Mozart qui posa en 1785 les fondations du quatuor avec piano classique et romantique. Opérant sous cette forme la fusion du concerto et de la musique de chambre, le
compositeur salzbourgeois surprit, d’autant qu’il choisit une tonalité mineure pour initier ce nouveau genre. En trois mouvements, le Quatuor en sol mineur K. 478 rappelle par
bien des aspects des oeuvres de la période antérieure Sturm und Drang (Tempête et passion), tandis que l’écriture pianistique regorge de traits de virtuosité, gammes et arpèges typiques des concertos mozartiens. Après les tourments du vaste Allegro initial, le mouvement central trouve une issue heureuse : l’écriture chantante et délicatement ornementée a des similitudes avec le pardon final des Noces de Figaro, opéra composé à la même période. Le rondo conclusif adopte la tonalité nettement
plus lumineuse de sol majeur ; malgré une péripétie qui laisse craindre le retour des tracas du premier mouvement, le caractère général reste enlevé et franchement joyeux, à l’image de cette période insouciante de la vie de Mozart.

ANTON BRUCKNER

QUINTETTE À CORDES EN FA MAJEUR WAB 112

En 1878, quand le violoniste Josef Hellmesberger suggère à Anton Bruckner d’écrire un quintette à deux altos, la proposition peut sembler saugrenue : voilà plus de quinze ans que l’organiste et compositeur autrichien n’a pas composé d’oeuvre de musique de chambre ! Le résultat
dépassera pourtant les attentes les plus élevées : parlant de l’Adagio, le critique musical Theodor Helm y verra « une oeuvre redécouverte du Beethoven de la dernière période, transfigurée par sa plus riche inspiration ». Premier mouvement composé par Bruckner (mais finalement troisième mouvement de l’oeuvre), l’Adagio mélancolique rappelle en effet le maître de Bonn dans son lyrisme absolu ; l’émergence du second thème à l’alto, au-dessus du portato répété comme un battement de coeur, est un des instants les plus émouvants de l’histoire de la musique de chambre. Le premier mouvement repose quant à lui sur une forme chère à Bruckner, avec trois thèmes principaux. Une mélopée sérieuse se déploie sur une note tenue du violoncelle, à la façon d’une pédale d’orgue. Après une
transition achevée sur la pointe des pieds, le violoncelle introduit un motif fluide au rythme pointé indécis. Celui-ci contamine l’ensemble du quintette jusqu’à l’exaspération. Doux et très lyrique, le troisième thème apporte alors une détente bienvenue. Au coeur du mouvement, une section instable délaisse ce chant pour hésiter entre les deux premiers thèmes. La conclusion rattrapera ce déséquilibre, la troisième mélodie se trouvant habilement combinée au rythme pointé de la deuxième idée. Le scherzo apporte un brusque changement d’atmosphère : le premier violon lance d’une appoggiature impertinente un motif sautillant.
Bruckner écrit ensuite un mouvement plein d’humour, à peine
assagi par un trio central plus lent et rustique, et le discours s’enlise
progressivement jusqu’à tourner en boucle. Découvrant ce mouvement
original, le commanditaire se rétractera, jugeant l’oeuvre trop moderne !
Cela n’empêchera pas le quintette d’être créé par une nouvelle équipe
d’interprètes, en novembre 1881.
Après le fameux Adagio, Bruckner ouvre son Finale dans une transition
pianissimo. Passant de mélodies aériennes à une écriture fuguée austère,
ce dernier mouvement montre la maestria du compositeur. « Bruckner
est depuis Bach le premier grand musicien absolu capable d’un style
grandiose et d’une maîtrise accomplie », écrira August Halm en 1913.
Le quintette ne peut qu’appuyer ce propos.

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6 mai 2022
Pierre Fouchenneret, Théo Fouchenneret, Lise Berthaud et Victor Julien-Leferrière

À (RÉ)ÉCOUTER

Wolfgang Amadeus Mozart (1756 - 1791), Quatuor en sol mineur pour piano et cordes, K 478

26 Festival de Pâques de Deauville, vendredi 06 mai 2022
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Anton Bruckner (1824 - 1896), Quintette à cordes en fa majeur, WAB 112

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Titre de l’épisode
Nom de l’émission – Episode 2
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